Ikebana | La voie des fleurs
- 12 juil.
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Dernière mise à jour : 30 juil.
Quand un maitre de thé a disposé une fleur selon son gout, il l’installe dans le tokonoma, l’alcôve d’honneur de l’intérieur japonais. Rien ne sera placé près d’elle qui puisse faire obstacle à l’effet recherché, pas même un rouleau peint, à moins qu’une telle combinaison ne se justifie par quelque raison esthétique particulière. […]

La voie des fleurs, née au XVème siècle est contemporaine, semble-t-il, de la voie du thé. Nos légendes attribuent le premier arrangement floral aux anciens saints bouddhistes qui recueillaient les fleurs dispersées par l’orage et, dans leur infinie compassion pour toute chose vivante, les mettaient dans des vases emplis d’eau. […]
Le culte de la fleur en soi commence avec l’apparition des premiers maîtres de fleurs, vers le milieu du XVIIe siècle. L’ikebana, devenu alors un art indépendant de la chambre de thé, ne connait plus d’autre loi que celle que le vase lui impose. Ce qui rend possible de nouvelles conceptions et de nouvelles techniques, d’où résultent nombre de principes et d’écoles. Un écrivain du milieu du siècle dernier dénombrait déjà plus d’une centaine d’écoles différentes. Celles-ci se divisent en deux branches principales : formaliste et réaliste. L’école formaliste […] vise à un idéal classique, proche des aspirations picturales chères aux académiciens de l’école Kanô. Nous possédons ainsi des descriptions d’arrangements floraux composés par les premiers maîtres de cette école, qui reproduisent presque trait pour trait les tableaux de fleurs dus à Sansetsu ou à Tsunenobu. Au contraire, l’école réaliste, comme son nom l’indique, prend la nature pour modèle, en lui imposant néanmoins les quelques modifications formelles propres à l’expression de l’unité artistique. Nous reconnaissons dans ces œuvres les mêmes impulsions qui ont formé les écoles d’estampes d’Ukiyo-e et de Shijô. […]
Les maîtres d’ikebana se référaient au principe directeur (le Ciel), au principe subordonné (la Terre) et au principe médiateur (l’Homme) ; et tout arrangement floral qui n’obéissait pas à ces principes était considéré comme stérile et sans vie.
Les maîtres d’alors mettaient également l’accent sur un autre point cardinal : la fleur devait être traitée sous trois aspects : formel, semi-formel et informel.
Extrait du Livre du thé – Okakura Kakuzô

Ce type de composition florale obéit à des consignes très spécifiques et hautement symboliques. On en mesure aisément le parallèle avec les consignes de méditation.
Le ciel, la partie érigée, représenté par une branche ou une hampe florale très rigide. Cet élément est le point culminant de la composition. Elle représente la vision, la direction.
L’Humain, l’élément central, est situé au milieu de la composition, légèrement penché, souvent une belle fleur centrale ou un feuillage. Elle symbolise le lien vivant entre ciel et terre.
La Terre, est l’enracinement bas. Les végétaux sont placés en bas de la composition, à l’horizontale parfois. Elle représente l’ancrage, les valeurs fondatrices.
Quelques styles :
Rikka | fleurs dressées| Ecole Ikebono
est l'un des plus anciens styles d'Ikebana.
Développé au 15ème siècle, il est souvent associé aux cérémonies bouddhistes.
Composé de neuf branches principales, chacune représentant un élément naturel (la montagne sacrée du Mont Meru, les branches de pin figurent les rochers, les chrysanthèmes blancs l’eau des rivières). Les arrangements Rikka sont généralement longs et droits, symbolisant la grandeur de la nature.
Shōka ou Seika | Fleur vivante | Ecole Ikebono
est une forme simplifiée du Rikka qui émerge au 18ème siècle avec une approche plus minimaliste. Il utilise trois branches principales : Shin (ciel), Soe (homme), et Tai (terre). L'accent est mis sur l'équilibre et la simplicité, créant une composition harmonieuse et paisible. Il ne cherche pas à imiter la nature, mais à en révéler l’essence.
Nageire | Fleurs déposées | Muromachi
est connu pour sa spontanéité et son aspect naturel et sa sobriété. Il incarne une approche intuitive. Popularisé au 19ème siècle, il est souvent utilisé dans les cérémonies du thé. Les fleurs sont disposées de manière libre et asymétrique. Souvent réalisé dans des vases longs et étroits, ce style met en valeur la beauté naturelle des fleurs sans structure rigide.
Jiyūka | Fleur libre | Ecole Sōgetsu
incarne une liberté créative qui tranche avec les codes historiques des formes classiques, tout en restant profondément ancré dans la sensibilité de chaque saison. L'accent est mis sur la créativité, tous les matériaux sont permis, y compris non floraux.
Moribana
Plus récent, signifiant « fleurs entassées », est un style moderne et adaptable. Développé au début du 20ème siècle pour s'adapter aux vases occidentaux, mais il peut utiliser des vases bas et larges, souvent avec un support Kenzan pour stabiliser les fleurs. Il permet une grande diversité de compositions, jouant avec les couleurs, les formes et les textures.





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